Achgabat rassemble les ministères économiques, les compagnies d'État, les banques et la plupart des sociétés étrangères du pays. Son activité dépend étroitement de la commande publique et des devises tirées du gaz.
Le produit intérieur brut national avoisinait 82 milliards de dollars en 2024 selon le Fonds monétaire international. Les autorités annoncent une croissance de 6,3 pour cent pour 2025 comme pour 2026, mais la Banque mondiale écarte ces données de ses analyses faute de fiabilité et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement relève l'absence de statistiques ouvertes.
Le pays figure au quatrième rang mondial pour les réserves prouvées de gaz. Le gisement de Galkynych et les structures voisines totalisent environ 27 400 milliards de mètres cubes selon des évaluations indépendantes. La première phase du gisement produit près de 30 milliards de mètres cubes par an et une quatrième phase, confiée à la chinoise CNPC, vise autant. La Chine en achète environ 40 milliards par an, soit plus de 70 pour cent des exportations gazières turkmènes.
Le gazoduc TAPI, vers l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde, d'une capacité prévue de 33 milliards de mètres cubes par an, progresse lentement. Des livraisons par échange vers la Turquie transitent par l'Iran depuis mars 2025. Le projet de conduite transcaspienne vers l'Union européenne en reste aux intentions.
Le coton forme le deuxième poste d'exportation, loin derrière les hydrocarbures. Filatures et ateliers de confection travaillent pour des donneurs d'ordre turcs et européens, mais les douanes américaines interdisent depuis 2018 les produits contenant du coton turkmène. Le tapis noué relève d'une entreprise d'État qui gère ateliers, magasins et musée.
La construction pèse lourd depuis les chantiers de marbre blanc des années 1990. Les groupes turcs y ont réalisé environ 1 100 projets pour plus de 56 milliards de dollars cumulés. Les appels d'offres restent peu transparents et les entreprises d'État gardent une position privilégiée.
L'Union des industriels et entrepreneurs regroupait environ 29 000 sociétés et entrepreneurs individuels au début de 2024. Le privé reste cantonné au commerce de détail, aux services et à l'agroalimentaire. Une loi de 2017 prévoit des zones économiques libres, sans qu'aucune ne fonctionne à ce jour.
Le secteur bancaire demeure public à quelques exceptions près. L'inflation officielle est annoncée sous les 10 pour cent quand des observateurs extérieurs l'estiment plus élevée, et les pénuries de produits subventionnés persistent. Les entreprises étrangères signalent surtout l'impossibilité de convertir leurs recettes et de rapatrier leurs bénéfices, le taux officiel de 3,5 manats pour un dollar restant hors d'atteinte.