La vie sociale de la capitale suit un calendrier qui mêle rites saisonniers hérités du monde iranien, célébrations agricoles et journées créées depuis l'indépendance autour des emblèmes nationaux. Les usages domestiques, du costume à la table, restent largement partagés.
Le nouvel an solaire, appelé localement Milli bahar baýramy, se tient le 21 mars et marque l'équinoxe. Les familles nettoient le logement, renouvellent le linge et se rendent visite, tandis que les places de la ville accueillent concerts, yourtes de démonstration et compétitions de lutte göreş.
La germination du blé occupe une place centrale dans ces préparatifs. Les pousses vertes, le semeni, poussent sur une assiette pendant les jours qui précèdent la fête et symbolisent le retour de la vie. Elles servent aussi à préparer le sümelek, une pâte sucrée obtenue par cuisson lente du jus de germes de blé, veillée toute une nuit par les femmes du voisinage.
La fête du melon, fixée au deuxième dimanche d'août, honore les cucurbitacées du pays, en particulier la variété vaharman, et donne lieu à des expositions de producteurs. La fête du tapis se tient le dernier dimanche de mai et s'accompagne de concours de tissage et de ventes.
La journée du cheval turkmène, célébrée le dernier dimanche d'avril, réunit courses et concours de beauté sur l'hippodrome de la capitale. L'akhal-téké, race locale à la robe métallique réputée pour son endurance, figure au centre des armoiries du pays.
Le chien de berger d'Asie centrale, ou alabaï, fait l'objet d'une journée nationale associée depuis 2021 à celle du cheval. Des concours de conformation et de travail se tiennent à cette occasion, et un monument doré lui a été élevé dans la ville.
La yourte turkmène, dite gara öý, conserve un rôle cérémoniel lors des mariages et des fêtes, montée dans les cours ou sur les places. Son ossature de bois s'habille de feutres travaillés et de bandes tissées. Les femmes portent le koýnek, longue robe de soie ou de coton à col brodé, souvent rouge ou bordeaux, sur un pantalon étroit. Les hommes arborent le telpek, haute toque de peau de mouton à longs poils, noire ou blanche.
L'accueil des visiteurs obéit à des règles précises. Le pain, ou çörek, ne se pose jamais à l'envers et ne se jette pas, le thé vert se sert en petites quantités renouvelées, et la place d'honneur revient au convive le plus âgé. Les mariages rassemblent plusieurs centaines d'invités, avec versement d'une compensation matrimoniale par la famille du marié, cortège de voitures décorées et port par la mariée d'une coiffe lourde d'argent et d'un voile brodé.