Achgabat

Achgabat, capitale du Turkménistan, réunit un peu plus d'un million d'habitants sur une frange d'oasis comprise entre le désert du Karakoum au nord et la chaîne du Kopet Dag au sud, sur un site presque entièrement rebâti après le séisme du 6 octobre 1948. La reconstruction engagée à partir des années 1990 lui a donné son visage actuel de ville de marbre blanc, aux avenues rectilignes bordées d'édifices publics revêtus de pierre claire et de coupoles dorées.

Achgabat, capitale du Turkménistan

Achgabat, Aşgabat en turkmène, est la capitale et la plus grande ville du Turkménistan. Posée sur une frange d'oasis entre le désert du Karakoum et la chaîne du Kopet Dag, elle concentre les institutions, les universités et la plus grande part de l'activité tertiaire du pays. Son nom, d'origine persane, se traduit approximativement par ville de l'amour.

Situation et territoire

La ville s'étend sur environ 470 kilomètres carrés à 273 mètres d'altitude, à une vingtaine de kilomètres au nord des premiers contreforts du Kopet Dag et à une cinquantaine de kilomètres de la frontière iranienne. Le canal du Karakoum, creusé à l'époque soviétique pour acheminer l'eau de l'Amou-Daria, la traverse d'est en ouest et rend possible la végétation urbaine. Le recensement de 2022 a dénombré un peu plus d'un million d'habitants. Depuis janvier 2018, le territoire municipal se divise en quatre arrondissements, Bagtyýarlyk, Berkararlyk, Büzmeýin et Köpetdag, placés sous l'autorité de chefs nommés par le président. Le régime climatique, désertique et continental, associe des étés très chauds à des hivers frais, avec des précipitations annuelles voisines de 220 millimètres.

Repères historiques

Un village tekke occupait le site lorsque l'Empire russe y fonda un poste militaire le 18 janvier 1881, bientôt relié par le chemin de fer transcaspien. La localité devint Poltoratsk de 1919 à 1927, puis capitale de la république socialiste soviétique de Turkménie en 1924. Le tremblement de terre du 6 octobre 1948 rasa presque entièrement la ville et fit des dizaines de milliers de morts, laissant une cité à rebâtir. Achgabat est capitale d'un État indépendant depuis octobre 1991 et abrite les institutions d'un pays dont la neutralité permanente a été reconnue par les Nations unies en 1995.

Architecture et urbanisme

La reconstruction d'après-guerre a fixé une trame en damier, sur laquelle une seconde vague de chantiers s'est greffée à partir des années 1990. Le revêtement en marbre blanc généralisé des édifices publics et des immeubles d'habitation donne à la capitale une unité chromatique rare, complétée par des coupoles dorées et un éclairage nocturne systématique. La tour du Turkménistan, haute de 211 mètres, et le monument de la Constitution, à 185 mètres, dominent les points de repère verticaux. Les surfaces plantées, les bassins et les fontaines occupent une place importante dans la composition des avenues.

Extensions contemporaines

Les Jeux asiatiques en salle et d'arts martiaux de 2017 ont entraîné la construction d'un vaste complexe sportif et de plusieurs milliards de dollars de logements. Au nord, le projet Ashgabat City prévoit plus de deux cents bâtiments sur 744 hectares, avec des tours de logements atteignant trente-cinq étages, destinés à plus de cent mille habitants.

Achgabat, les ministères en marbre blanc et les coupoles dorées du centre

Économie

La capitale rassemble les ministères, la banque centrale, les compagnies d'État et la plupart des représentations étrangères. Son tissu industriel, hérité de la période soviétique et partiellement renouvelé, associe la filature et la confection de coton, la verrerie, la mécanique légère, les matériaux de construction et l'agroalimentaire. Le tissage de tapis y conserve ateliers et magasins. Les recettes gazières du pays financent la commande publique qui structure l'activité urbaine, tandis que le secteur privé se cantonne au commerce de détail, aux services et à la restauration. Le contrôle des changes et l'écart entre le taux officiel du manat et le marché parallèle pèsent sur les échanges avec l'étranger.

Culture

Achgabat accueille l'Académie des sciences, l'université d'État Magtymguly et la majorité des établissements supérieurs du pays. Musées nationaux, théâtres, opéra et salles de concert y forment un réseau entièrement public, dont la programmation suit le calendrier des fêtes officielles. Le cheval akhal-téké, le tapis noué et le chien alabaï tiennent lieu d'emblèmes nationaux et occupent une place visible dans l'espace urbain comme dans les célébrations.

Transports

La ville constitue le nœud des réseaux nationaux. L'aéroport international Oguzhan, la gare ferroviaire et la gare routière internationale rayonnent vers les cinq provinces, tandis que l'autoroute achevée en 2026 relie la capitale à la frontière ouzbèke. À l'intérieur du périmètre urbain, les liaisons reposent sur les autobus et les taxis, sans réseau ferré de surface ni souterrain, un court monorail construit pour le village olympique en 2017 ne desservant que cet ensemble.

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