Religion à Achgabat

Le paysage religieux de la capitale est dominé par l'islam sunnite, avec une minorité orthodoxe héritée des périodes russe et soviétique. La pratique s'exerce dans un cadre juridique étroit, qui soumet chaque communauté à un enregistrement d'État.

Islam sunnite hanafite

Les estimations situent les musulmans autour de neuf dixièmes de la population du pays. Les Turkmènes relèvent presque tous du sunnisme de rite hanafite, entré dans la région par des prédicateurs soufis. La pratique reste discrète dans la capitale, où le jeûne de ramadan et les rites funéraires musulmans tiennent plus de place que la fréquentation des mosquées.

Soufisme et culte des tombeaux

Les groupes lignagers dits övlat, réputés descendre de figures saintes, gardent une autorité spirituelle et interviennent lors des naissances, mariages et deuils. La visite des tombeaux vénérés accompagne les vœux de guérison ou de fécondité et mêle des gestes préislamiques à la dévotion musulmane.

Grandes mosquées

La mosquée Ertogrul Gazy, achevée en 1998 au centre, doit son existence à la coopération avec la Turquie. Son plan ottoman, dessiné par l'architecte Hilmi Şenalp, s'inspire de la Mosquée bleue d'Istanbul, avec quatre minarets et une salle de cinq mille places. Elle est aussi connue sous le nom de mosquée Azadi, emprunté à l'avenue qui la longe.

Mosquée de Gypjak et mausolée présidentiel

À sept kilomètres à l'ouest, dans le village natal de Saparmyrat Nyýazow, la mosquée Türkmenbaşy Ruhy a été bâtie par le groupe français Bouygues et inaugurée en octobre 2004. Ses quatre minarets culminent à 91 mètres et l'édifice reçoit dix mille fidèles. Des citations du Ruhnama, ouvrage de doctrine morale du premier président, y figurent auprès de versets coraniques, ce que de nombreux musulmans ont jugé inacceptable. Le mausolée attenant abrite sa sépulture depuis décembre 2006.

Orthodoxie et autres confessions

L'Église orthodoxe russe rassemble une part réduite de la population, en recul avec le départ des russophones. L'église Saint-Alexandre-Nevski, fondée en 1882 et consacrée en 1900 pour un régiment cosaque, a été fermée en 1918, rendue au culte en 1989 et reconsacrée en 1993. Des communautés protestantes, catholiques, bahaïes et chiites, ces dernières souvent d'origine azérie ou iranienne, complètent le tableau.

Encadrement des cultes

Toute communauté doit obtenir l'aval de la commission d'État pour les organisations religieuses, puis s'enregistrer au ministère de la Justice, en déclarant l'identité de ses fondateurs et en passant un examen théologique. Les imams sont agréés par l'État et l'activité religieuse non enregistrée expose à des sanctions administratives.

Héritage soviétique

Sept décennies d'athéisme d'État ont fermé la plupart des lieux de culte et interrompu la formation religieuse, ne laissant subsister qu'un islam de coutume. La réouverture des années 1990 s'est accompagnée d'une mise en avant du Ruhnama, dont la place dans les mosquées a été réduite après 2006.